mercredi 7 mars 2007

Sarkozy s'arroge le droit de choisir les candidats

Il faut sauver le soldat Le Pen! C'est toute la lutte de Nicolas Sarkozy qui a demandé aux maires UMP de parrainer le candidat du Front National. Un geste démocratique? Non, un calcul éléctoral. L'UMP s'est rendu compte que le report de voix au second tour serait très faible si Jean-Marie Le Pen était absent du premier tour, en raison de la colère des électeurs. Quoi de plus normal que des électeurs qui ne peuvent pas exprimer leur choix sanctionnent ceux qui les ont empêchés.

Mais trois incohérences sont soulevées par ce revirement étonnant:
- En tant que Ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy organise les élections et notamment les règle s électorales. S'il trouvait ce système de parrainages publics injuste, pourquoi ne l'a t'il donc pas modifié en 5 ans de ministère?

- L'UMP a toujours placé un cordon sanitaire interdisant toute négociation avec le FN. On se souvient avec quelle verve les leaders du RPR avaient dénoncé en 1998 l'élection de Charles Millon à la présidence du Conseil Régional avec l'aide des conseillers régionaux FN. Ce sont les mêmes qui aujourd'hui se plaignent de l'absence éventuelle de Le Pen!

- Plus grave est la troisième incohérence. Avec ses appels publics à aider Olivier Besancenot et Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy se fait le monarque absolu qui décide qui sera candiat et qui ne le sera pas. Pourquoi n'a t'il pas appelé à aider TOUS les candidats? Les Villiers, Nihous, Dupont-Aignan, Lepage, Laguiller, Bové...

Définitivement il y a un problème autour des parrainages, qui à mon sens serait résolu si l'on augmentait le nombre à 1.000 tout en rendant secrets les parrainages. Ce serait juste pour deux raisons. Réunir 1.000 parrainages représente un vrai travail qui nécessite une structure nationale de type parti, ce qui écarte les candidats fantaisistes. En contrepartie les rendre secrets supprime la crainte des maires de subir des représailles ou de se voir geler leurs subventions.

Une chose est sûre, que ce soit pour le système de parrainages ou pour l'égalité de temps de parole, cette élection est loin d'être démocratique!

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